Accueil
Envoyer à un ami

Intervention de fin d'année 2016-2017



je vous prie de trouver ci-dessous mon intervention prononcée à l'occasion d'une rencontre militante sur l'Île Saint Maurice pour clore l'année 2016-2017 :

Chers Amis,

Il en est des années comme des récoltes, des bonnes et des mauvaises. 2017 fut une année de vaches maigres. Nous avons vécu les derniers soubresauts d’un quinquennat au début duquel nous avions la majorité dans tous les lieux de décisions : Présidence de la République, Assemblée Nationale, Sénat, Régions, Départements, Villes de plus de 20 000 habitants. A la fin de ce quinquennat, nous n’avons plus rien à part quelques positions fortes qui ont quand même tremblé lors des législatives. Les principaux responsables de ce désastre ont quitté le PS. Les militants de Creil eux sont restés et ils ont accompli leurs tâches, ils ont rempli leurs missions de militants avec eux des sympathisants se sont joints pour les campagnes ? Soyez en remerciés. Je voudrai aussi remercier Johann qui a rempli son rôle de secrétaire et qui aspire à prendre le large, oh non pas comme Valls-hamon, non prendre un peu de recul, respirer. Merci à toi
Je ne vous ai pas réuni pour une séance que nous pourrions intituler « séquence regrets » ou « thérapie de groupe ». Bien au contraire, vous me connaissez, un combat, une élection s’achève, je repars au travail, en campagne, je prépare l’échéance prochaine.

Cette année, notre situation est particulière. Sous les coups de boutoir de nos adversaires, les trahisons de nos amis, le populisme à 3 visages triomphant, le PS est en lambeaux, affaibli, son pronostic vital est en mauvaise voie.
Notre situation nous oblige à un double chantier : préparer les élections à venir mais aussi réfléchir à l’avenir du PS, envisager notre avenir politique, celui de la gauche. Comme en 1920, comme en 1945, comme en 1969, le Parti doit se reconstruire, doit ouvrir un autre tome de son histoire.
Nous devons cela à celles et ceux qui se sont battus pour une société plus fraternelle, plus ouverte et respectueuse de tous ses enfants mais nous le devons aussi aux futures générations. Nous devons leur léguer la société que je viens de citer certes incomplète, inachevée mais remplie d’espérance.
Pour cela, le PS doit se reconstruire autour de ses valeurs, d’orientations claires, jouant collectifs, affichant humilité et modestie mais aussi conviction et volonté. Un parti renouvelé quel que soit son nom, quel que soit son fonctionnement, quel que soit sa structure, son organisation, seul ou avec d’autres membres de la Gauche.

Pourquoi faut-il reconstruire un PS, quelle est son utilité dans une société égoïste, individualiste, prônant le chacun pour soi où une femme, un homme est considéré souvent par l’épaisseur de son portefeuille., comme vient de le confirmer EM en affirmant : « une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ».
Pour être utiles, nous devons avoir de nécessaires clarifications sur nous-mêmes, la Gauche mais aussi le monde, la société dans lesquels nous sommes pour mieux les appréhender : La mondialisation, quel type de production, quel rapport entre travail et revenus, quel rôle pour l’Etat, les organes de la République, quel rapport entre démocratie et exercice du pouvoir, quelle citoyenneté, quel développement économique et social durable…
Je ne vous donne aucune réponse, je n’ai à ce jour que des questions. Le temps des certitudes s’est achevé, nos questions sont le fondement de notre avenir, de notre futur congrès et personne ne peut préempter le débat. Il me semble même que nous devons mener ce débat de façon ouverte avec la population car la société civile n’existe pas pour moi. Cette expression a été créée pour éviter la réflexion sur l’Homme et son rapport à la citoyenneté et aux corps intermédiaires, en un mot l’individualisme et société civile ne forme qu’un, alors que citoyenneté rime avec ensemble.
Parallèlement, aujourd’hui, nous devons aussi caractériser la nature du pouvoir issu des élections, les forces en présence, notre place.
La 5ème République n’en finit de mourir et chaque Président, depuis 1995, lui porte des coups en modifiant soit la constitution soit les pratiques pour les adapter à son avenir personnel. Avec Emmanuel Macron cette évolution s’accélère, quelques exemples : pour parler des élections 2017, il a fait dernièrement référence à 1962 qui fût l’année du plébiscite à De Gaulle, tout un symbole.
Le premier ministre doit intervenir devant le parlement le mardi, lui réunit le congrès le lundi, la « taks force » sur le renseignement localisée dans les locaux présidentiels.
Les journalistes trop critiques sont évités ou invités à aller voir ailleurs.
Chaque geste, chaque parole est symbole et n’est réalisé ou dite au hasard.
Tout est entre ses mains et ceci que 2 mois après son élection.
La 5ème n’arrête pas d’être amendée, modifiée, réformée. Elle n’est déjà plus la 5ème. Elle est de plus en plus présidentialisée comme captée par un homme. Ce n’est pas du centralisme démocratique, c’est de l’autocentralisme teinté de populisme. Il nous faut repenser la République.
Dans ce petit jeu politicien Macron, n’est pas seul. Avec lui, il y a Mélenchon, ils sont les deux faces d’une même pièce. Ils parlent démocratie, ils veulent des plébiscites. Ils parlent mouvement, ils veulent s’exonérer des lieux de débats, des corps intermédiaires.
Quelle est la différence entre leur égo respectif, Entre hologramme et Jupiter faut-il choisir ?
Le PS, ou une Gauche reconstruite, n’a pas vocation à occuper la place entre Macron et Mélenchon. Si nous visons cela alors nous ne serons qu’une force d’appoint, alors une simple réhabilitation, un toilettage suffiront à notre parti. Non, nous avons pour vocation : l’établissement d’une société plus juste, plus fraternelle. Une société qui prône le droit à la santé, le droit au travail, le droit au logement, le droit à l’éducation et à la culture, le droit de vivre et non pas de survivre. Pour cela le PS doit renaître de ses cendres autrement. Nous avons le devoir de réussir notre résilience. Nous avons l’obligation à retrouver notre sens de la critique. Cela prendra du temps, de l’énergie mais si nous savons garder notre unité, notre volonté à changer les choses, notre fraternité, si nous savons redevenir humbles et modestes alors nous atteindrons notre but ?
Parallèlement à ses clarifications nécessaires, nous devons travailler sur le terrain, sur le local. Notre « remontada » dépend aussi de notre capacité à modifier le quotidien de nos concitoyens pour répondre à leurs besoins, pour les protéger, pour en faire les acteurs de la citoyenneté retrouvée et renouvelée.
Oui. le socialisme communal est un atout, oui il est indispensable. Pour qu’il perdure ici à Creil, dans l’Oise, nous devons prendre nos responsabilités. Nous devons continuer à faire de Creil ce laboratoire social innovant, comme nous le faisons depuis Jules Uhry. Notre territoire doit devenir une « écolosocialvallée ». Gardons, après cette année dure à avaler, notre ambition à changer les choses, à peser sur les évènements, à créer, à moderniser. Beaucoup d’entre vous ont participé et participent encore à cette ambition : agents municipaux et élus entourés de bénévoles associatifs, de proches. Nous devons continuer.

Creil vit, Creil grandit et comme tout corps qui se transforme, il y a des à-coups, des défauts, des ratés, ne nous arrêtons pas à cela. Notre action s’inscrit dans le présent pour préparer l’avenir. Cet avenir déjà si présent: l’ACSO, Gare cœur d’agglo, Gournay les Usines , les Hauts de Creil, le quartier St Médard, la BA110 et son campus intyelligent, La Maison de Santé , la Lutte contre l’habitat insalubre, le projet social global, l’éducation et les valeurs de la République, le nouveau projet économique associatif creillois, la démocratie participative, la culture pris comme vecteur de l’émancipation citoyenne, les projets jeunesse, le développement économique et l’innovation. .. Tous ces chantiers conjugués au présent installent notre futur ; 30 mois ne suffiront pas à les mettre en œuvre ou à les boucler. Nous avons encore tant et tant de choses à faire ensemble » disait François Mitterrand, il ne se trompait pas et cette phrase je la fais mienne. Plus nous serons nombreux à réfléchir, proposer, agir, plus la tâche sera aisée et riche.

Nous avons besoin à Creil de nous rassembler, hommes et femmes de progrès mus par les mêmes valeurs au de-là des combines, des postures et coups tordus. Chacun de nous doit avoir une ambition individuelle mais au service du collectif. Pour cela à Creil mais aussi en France, le collectif, quel que soit son nom, doit continuer à vivre, doit développer sa propre réflexion et j’en serai mais aujourd’hui il faut élargir le rassemblement, certains creillois ne voudront pas rentrer au PS même renouvelé, au moins dans l’immédiat. J’en tire les conclusions et je vous annonce que je souhaite, avec celles et ceux d’entre vous qui veulent y participer, lancer un lieu de rassemblement des Creilloises et des Creillois qui partagent la même vision de Creil, la même vision du bassin creillois bâti sur des valeurs partagées. il sera un creuset, un lieu de débat ouvert. Nous pourrions à l’image des grecs créateurs de la démocratie citoyenne, créer une agora, lieu qui libère la parole, une « Creil agora ».
Parlons-en, rassemblons-nous, travaillons ensemble, seul l’avenir est porteur d’espoirs.
Creil nous apporte beaucoup, sachons le lui rendre.

Merci

JEAN CLAUDE VILLEMAIN


Nouveau commentaire :


Derniers tweets
Discours du 14 juillet 2017: Je vous prie de trouver ci-dessous mon discours lors de la... https://t.co/vL50bCc7pK https://t.co/Md8AXj0SQV
Jeudi 20 Juillet - 08:59
Intervention de fin d'année 2016-2017: je vous prie de trouver ci-dessous mon... https://t.co/6VX90kYRmX https://t.co/3K2J4wKkjP
Mardi 18 Juillet - 15:32
Résultats du premier tour des élections législatives: Le premier tour des législatives a... https://t.co/tJipUWEIYQ https://t.co/kXS20rgWQ6
Mercredi 14 Juin - 16:37
Quand nous disions que la loi Macron defavorisait les salariés, nous avions raison dixit Thomas Hollande défenseur des salariés TATi
Dimanche 14 Mai - 06:48
Première promesse non tenue ce jour à 12h30 Macron devait publier les 577 noms pour les législatives..... On attend encore......
Jeudi 11 Mai - 14:55





Recherche