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Inauguration de la place François Mitterrand



Inauguration de la place François Mitterrand
Mesdames et messieurs,

Contrairement à ce qui avait été prévu, j’ai le regret de vous annoncer que Danièle Mitterrand ne sera pas parmi nous au aujourd’hui. En effet, elle est revenue souffrante d’un long et épuisant voyage en Amérique du sud et elle doit se reposer.

Elle a pourtant souhaité nous adresser un message que Madame Capon, 1ère ajointe, va vous lire.

Je lui ai adressé nos vœux de prompt rétablissement et je lui ai indiqué que nous espérions avoir le plaisir de l’accueillir, très bientôt, ici sur cette place qui portera dorénavant le nom de celui qui fut son époux, le 4eme Président de la Vème république, et le premier président socialiste qu’ait connu la France : François Mitterrand.

(Lecture du message par Nicole Capon)

Je vous propose tout d’abord d’inaugurer officiellement la place en dévoilant la plaque et je vous dirais ensuite quelques mots.


(Dévoilement de la plaque)

Monsieur le Député
Mon Colonel,
Mesdames et messieurs les élus,
Chers amis,

Nous célébrons cette année 90 ans de continuité municipale à Creil autour des valeurs de solidarité et de partage qui sont le fil rouge de l’action des maires et des élus de notre ville depuis 1919.

Nous nous souvenons aussi qu’il y a 28 ans, presque jour pour jour, les Français portaient et pour 14 ans un président socialiste à la tête de notre pays, que Jean Anciant aura d’ailleurs l’honneur d’accueillir en 1984.

Cette année 2009 et son mois de mai étaient donc légitimes et appropriés pour rendre au Président Mitterrand l’hommage qui lui est du.
Il restait à trouver un lieu, un bâtiment ou une voie appropriée.
Le choix était évident : c’est la place de l’hôtel de ville devenue l’adresse officielle de la mairie qui a été retenue.
Cette place est tout un symbole puisque c’est à cet endroit que nous nous sommes réunis le 10 mai quand le visage de François Mitterrand est apparu sur l’écran de nos téléviseurs.

Les temps forts de la présidence de François Mitterrand nous sont communs :

L’abolition de la peine de mort d’abord, avec Robert Badinter, les grandes lois sociales avec les loi Auroux, les 39h00, la retraite à 60 ans, la 5eme semaine de congés payés, et bien sur la construction européennes dont il a été la locomotive incontestable avec le Chancelier Kohl. Je n’oublie pas non plus la libéralisation des ondes et de l’audiovisuel public et je citerai également la construction de la Pyramide de Pei et de l’arche de la Défense qui ont transfiguré le Louvre et Paris.

Pourtant au-delà de ses quelques temps forts qui nous sont communs, chacun d’entre nous a « son Mitterrand » et des repères personnels à travers ces 14 ans de mandat.


Les miens sont bien sur d’abord liés au 10 mai 1981. L’exaltation des militants socialistes et de la population avec plus de 1 000 creilloises et creillois regroupés sur la place de l’hôtel de ville et une joie qui s’exprimait tard dans la nuit, partout dans les rues, après la proclamation des résultats.

Quelques mois plus tard, en octobre 1981, lors de son voyage officiel à Cancun, au Mexique, j’avais aussi été particulièrement touché et enthousiasmé par le discours qu’il avait prononcé devant le monument de la révolution de Mexico. Je le cite :

« Chaque nation est, en un sens, son propre monde : il n'y a pas de grands ou de petits pays, mais des pays également souverains, et chacun mérite un égal respect. Appliquons à tous la même règle, le même droit : non ingérence, libre détermination des peuples, solution pacifique des conflits, nouvel ordre international. »

Ces paroles prennent tout leur sens à la lumière de la situation actuelle, que ce soit au Proche-Orient, en Europe ou en Asie. Mais au-delà des nations, Mitterrand l’humaniste continuait son discours par un salut aux délaissés et au abimés de la vie.

« -Salut aux humiliés, aux émigrés, aux exilés sur leur propre terre qui veulent vivre et vivre libres.
-Salut à celles et à ceux qu'on bâillonne, qu'on persécute ou qu'on torture, qui veulent vivre et vivre libres.
-Salut aux séquestrés, aux disparus et aux assassinés qui voulaient seulement vivre et vivre libres.
-Salut aux prêtres brutalisés, aux syndicalistes emprisonnés, aux chômeurs qui vendent leur sang pour survivre, aux indiens pourchassés dans leur forêt, aux travailleurs sans droit, aux paysans sans terre, aux résistants sans arme qui veulent vivre et vivre libres.
-A tous, la France dit : Courage, la liberté vaincra. Et si elle le dit depuis la capitale du Mexique, c'est qu'ici ces mots possèdent tout leur sens. »

Je pense aussi en lisant les mots qui suivent aux salariés de Continental et de Caterpillar.

« La France comme le Mexique a dit non au désespoir qui pousse à la violence ceux qu'on prive de tout autre moyen de se faire entendre. Elle dit non à l'attitude qui consiste à fouler aux pieds les libertés publiques pour décréter ensuite hors la loi ceux qui prennent les armes pour défendre les libertés »

Et il concluait

« Et si j'en appelle à la liberté pour les peuples qui souffrent de l'espérer encore ; je refuse tout autant ses sinistres contrefaçons, il n'est de liberté que par l'avènement de la démocratie ».

Vous permettrez aussi au maire et à l’élu local que je suis depuis de longues années d’évoquer les lois de décentralisation initiées par Gaston Defferre en 1982 et 83 qui opèrent une réelle redistribution des pouvoirs entre l’Etat et les collectivités locales avec comme objectifs une meilleure efficacité de l’action publique. Une démocratie de proximité s’installe aujourd’hui pleinement dans notre ville avec les conseils citoyens de quartier et l’ensemble des structures participatives. Cette décentralisation là a été mise à mal, depuis lors, par Raffarin et les projets présidentiels.

C’est donc bien durant ces années « Mitterrand » une transformation de fond de notre société qui a eu lieu. Elle est devenue plus libre, plus ouverte, plus solidaire, plus humaine.
Bien sur nous aurions aimé pouvoir aller plus loin, plus vite en particulier sur la question du chômage. Tout n’a pas pu être fait et réalisé.

Pourtant les grands axes de la politique mis en œuvre en 1981 ont depuis quelques mois un air de modernité. Les libéraux qui croyaient avoir triomphé avec Monsieur Sarkozy en nous martelant que le marché était la « loi supérieure », sont devenus les chantres de la régulation. Le concept de nationalisation qui passait presque pour subversif est devenu une hypothèse de travail.



Il aura donc fallu une crise économique sans précédent, et hélas encore une fois des milliers de chômeurs en plus, pour que nos élites économiques de la pensée unique et leurs féaux politiques, les libéraux conservateurs, découvrent les mérites de l’intervention de l’Etat et de l’argent public pour sauver leurs parachutes dorés.




Mais ne nous y trompons pas : Le combat engagé par François Mitterrand n’est pas fini. Je vous prédis que ceux là même qui aujourd’hui sauvent leur avenir n’ont rien perdu de leurs reflexes et que dès que la crise sera passée, souhaitons le plus vite possible, ils retrouveront l’arrogance dont ils se sont à peine départis depuis quelques mois : Argent et privilèges pour eux : Pauvreté et désespoir pour les autres.

François Mitterrand aimait à dire : « il faut laisser le temps au temps ».

Voilà maintenant 13 ans qu’il nous a quitté. Au-delà des scories de la politique, des procès d’intention et des aigreurs, nul ne peut contester qu’il aura été un grand président, peut-être le dernier, avec une ambition réelle et sincère pour le France, l’Europe et le monde.

Il aimait viscéralement son pays … et il nous a aimé, nous le peuple de France.
Il croyait aux forces de l’esprit : Il mérite que nous nous souvenions de lui.

Je vous remercie de votre attention.


Jean-Claude VILLEMAIN

Maire de Creil
Conseiller général de l’Oise



Creil, le 13 mai 2009


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