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Hommage à Berthe Fouchère



A l'occasion du salon du livre et de la sortie d'un livre retraçant sa vie, la ville de Creil a souhaité rendre un hommage appuyé à Berthe Fouchère, militante des droits des femmes.

A cette occasion, une plaque a été dévoilé devant l'école portant son nom.
Vous retrouverez, ci-dessous, le discours prononcé à cette occasion* :
"Mesdames et Messieurs les élus,
Madame la Présidente de la ville aux livres,
Mesdames et Messieurs les Professeurs des écoles
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

A l’occasion du 28ème salon du Livre et de la BD qui s’ouvre demain, la ville de Creil souhaiter rendre hommage à Berthe Fouchère, résistante durant la deuxième guerre mondiale, syndicaliste et grande militante du droit des femmes dans notre département. Dès demain, une rencontre avec Colette Avrane, auteur de l’ouvrage «Berthe Fouchère, la rebelle » est organisée à 14h15, à la Faïencerie.

Alors que l’école dans laquelle nous sommes réunis porte le nom de cette femme courage depuis 19 ans, il apparait, encore plus aujourd’hui important de nous remémorer ses combats qu’elle livra dans la Nièvre, son département de naissance puis dans l’Oise qu’elle rejoindra dès 1925.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, elle fut révoquée parce qu’elle avait écrit des articles contre la loi de 1920, laquelle interdisait toute publicité sur la contraception. Toute sa vie a été affectée par cet acte initial. Elle a, en effet, du attendre plus de 20 ans pour être réintégrée. Les lois d’amnistie qui réintégraient les syndicalistes ou les travailleurs marqués par les luttes sociales intervenaient tous les deux, cinq ou dix ans. Pour ceux-là, la société passait l’éponge. Pas pour Berthe Fouchère. Les droits des femmes, des articles écrits sans grande audience, c’était attentatoire à l’équilibre de la société ! La contraception: quelle offense ! Elle dut travailler à l’étranger avant d’être réinsérée et de devenir ce témoin de l’héroïsme discret, tranquille, persévérant. Une femme engagée non pour la cause des femmes, mais dans la lutte pour les droits de l’espèce humaine.


Femme engagée, elle le restera à son arrivée dans le département de l’Oise après avoir été réintégrée par l’Education Nationale. Elle fut de toutes les grandes heures de la SFIO. Véritable figure de proue de l’aile gauche, elle rédigea une tribune, dans le milieu des années 1930 dans laquelle elle indiquait que le rassemblement de minorités dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes devait s’effectuer « dans la paix». Nouvelle offense ! Déplacée en Bretagne puis révoquée par le Gouvernement de Vichy, elle conserva malgré tout toute sa liberté de parole et s’engagea dans la résistance. En 1945, elle retrouva son poste d’institutrice à Montataire.

Son retour dans le département marqua la suite de son combat syndicale et socialiste pour la défense des intérêts des salariés mais également des femmes.

A la fin des années 1950, elle quitta la SFIO pour rejoindre les créateurs du Parti Socialiste autonome. Elle participa également avec l’enthousiasme et l’abnégation qui la caractérisaient au mouvement pour la laïcité des enseignants. C’est en 1971 qu’elle intégra les rangs du Parti Socialiste rénové pour rejoindre François Mitterrand.

L’engagement de Berthe Fouchère ne lui permis jamais d’accéder à un mandat électoral. Malgré sa force de persuasion, ses convictions se heurtèrent au conservatisme d’une grande partie de l’électorat isarien.

En 1979, elle s’éteindra seule chez elle à Montataire. Quelques jours plus tard, elle fut enterrée au cimetière du Plessis Pommeraye en présence notamment de François Mitterrand.

Pour terminer, je reprendrai les mots de Jean Jaurès qui caractérisent le courage dont Berthe Fouchère a fait preuve et qui résume assez bien le sens qu’elle donna à sa vie : « Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire. C’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ».

Je vous invite désormais à dévoiler la plaque commémorative en mémoire de cette illustre militante de notre ville.

Je vous remercie."

* Seul le prononcé fait foi.



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