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Discours prononcé à l'occasion du débat d'orientation budgétaire



Vous trouverez, ci-joint, le discours prononcé à l'occasion du débat d'orientation budgétaire au conseil départemental.

"Monsieur le Président

Permettez moi de vous donner un conseil en ce début d’intervention vous devriez imiter : Bernard Pivot, Claude Allégre, Jean claude Carriere, Jean François Deniau, Maleck Chebel, Daniel Herrero, Alain Ducasse, Jérome Savary ou Denis Tillinac.

Vous vous demandez : mais quel lien vous unit à toutes ces sommités ?
Ils ont tous écrit un dictionnaire amoureux de leur thème favori : cuisine, rugby, vin, mer, l’inde, science, Islam ….

Vous c’est la gestion financière, les chiffres ; normal vous avez travaillé chez Ernst and Young !
Dans un dictionnaire amoureux le choix des mots est subjectif mais révèle l’attirance qu’il provoque sur l’auteur. Je vais vous aider à le commencer :

A :
Agent : personne qui coûte de l’argent à la collectivité. Ils doivent être le moins nombreux possible
Audit : procédure qui sous couvert de transparence ou d’évaluation permet de faire avaler des couleuvres aux agents et aux électeurs.

B :
Baisse des aides ou Baisse des budgets la première concoure à la seconde

C :
Cellule anti fraude : structure inefficace qui permet de faire passer les allocataires du RSA pour des fraudeurs. Elle doublonne le travail de la CAF voir indique un manque de confiance dans les partenaires
Contraintes budgétaires : locution qui vise à faire porter le chapeau à d’autres, au gouvernement de préférence
Coût : mot qui rime toujours avec élevé dans ce cas voir baisse de budget

D :
Dette : résultats venant des emprunts ; vous la percevez comme une charge et nous comme une solidarité intergénérationnelle

E :
Enfants : considérés non pas comme des futurs citoyens mais comme des coûts qu’il faut diminuer.

Je pourrai continuer ainsi avec chacune des lettres de l’alphabet.
Vous vous dites : il n’arrivera pas à toutes les citer ?

Aller, au hasard,

M :
Maitrise des dépenses : se traduit par la baisse de la masse salariale et donc par une diminution du nombre d’agents et la qualité de service

N :
Numérique : la promesse d’accélérer le THD ne pourra pas être tenue donc on change les règles du jeu pour les communes, à cause d’elles, un objectif ne sera pas atteint

P :
Pouponnière : elle n’accueille pas des enfants, elle coûte trop cher

Une ou deux petites dernières pour la route?

V :
Visiteurs de convivialité : jeunes ne servant à rien dont l’emploi est supprimé pour les beaux yeux de la Joconde ! (pour ceux qui n’ont pas lu le DOB, mais je ne peux l’imaginer, je fais référence à l’association MONALISA !)

W :
comme Web avec la fermeture du Fab-Lab de Beauvais. Normal ouvrir l’esprit et s’ouvrir aux nouvelles technologies pourraient éveiller les consciences ….

Y :
Yoga, mot qui n’est pas dans le DOB : Sport auquel devront s’adonner tous les maires, les bénévoles, les partenaires du Conseil départemental à qui on va demander de faire plus avec moins d’argent, il évite le stress et aide à rester serein

Voilà une belle base pour votre dictionnaire amoureux du premier débat d’orientation budgétaire de votre mandature.

Mais la lecture des 62 pages est édifiante. Elle se révèle être un véritable dictionnaire des synonymes au moins pour le verbe supprimer que vous déclinez de la manière suivante : rationnaliser, maitriser, optimiser, redéployer, baisser, contrôler, diminuer, réviser, réorienter …..
Vous pouvez constater en m’écoutant que ce DOB est riche en vocabulaire mais pauvre en orientation politique.
Vous vous contentez de parler gestion comme si celle-ci était l’alpha et l’oméga de votre politique, comme si vous aviez donné les clefs du conseil départemental aux techniciens comptables en leur donnant une consigne : faites des économies.

Votre appétence surdéveloppée pour la recherche d’économies aurait dû vous rappeler à vos fondamentaux scolaires. Le résumé de texte. Je tiens à votre disposition une fiche méthode !

Vous auriez pu faire des économies substantielles et reproduire la structure du texte dans un nombre limité de mots synthétisés en trois phrases :
- Le maintien des politiques menées : leur niveau d’intervention dépendra des réponses apportées par le gouvernement pour faire face à l’explosion des dépenses liées au RSA ;
- la loi Notre ne nous donne plus la possibilité d’intervenir ;
- Les politiques départementales seront revues en conséquence à la baisse voir abandonnées.

Vous auriez ainsi réduit le temps de cette séance et les frais engendrés par la collectivité puisque vous souhaitez que notre assemblée se réunisse le moins possible vous auriez atteint votre objectif.

Monsieur le Président vous répétez à satiété que le département de l’Oise est en faillite !
Vous êtes, si je ne m’abuse, Député et vous devez suivre avec une attention toute particulière les travaux de cette assemblée ?

Vous n’êtes pas sans savoir que les députés ont voté mercredi dernier un amendement du gouvernement créant un fond de soutien exceptionnel de 50 millions d’euros à destination des départements les plus en difficulté financièrement.

Selon l’amendement du gouvernement adopté dans le cadre du projet de budget rectificatif 2015, « la situation financière peut être qualifiée de tendue pour une dizaine de départements, particulièrement exposés à l’effet ciseau » entre les charges d’allocations individuelles de solidarité en hausse, comme le RSA, et leurs recettes, notamment les droits de mutations (« frais de notaire ») sur les transactions immobilières en baisse là où la situation économique est morose.

Les départements visés sont le Pas de Calais, le Nord, l’Aisne, la Seine-Saint-Denis, le Val d’Oise, le Gard, le Cher, la Guyane, la Martinique ou la Réunion.
L’Oise ne figure pas dans cette liste.

Curieux pour un département qualifié par votre 1er Vice-Président chargé des évaluations : en faillite !

Auriez-vous donc tellement forcé le trait dans les explications cataclysmiques que vous distillez depuis 9 mois maintenant ?

Vous deviez certainement être en quête de justifications injustifiables pour contredire les propos électoraux suivants :
Le 3 mars 2015 vous promettiez lors d’une conférence de presse au Courrier Picard :
« Nous ne casserons pas tout ce qui a été fait ! Il n’est pas possible de dénoncer le fait que François Hollande ait cassé idéologiquement tout ce qui a été fait sous le précédent quinquennat et faire de même localement »

Seriez-vous frappé d’amnésie ? Il m’a semblé important de vous rafraîchir la mémoire.

Soyez assuré que je serai votre remède pendant 5 ans ! Je vais vous abonner à Doctissimo le dictionnaire médical en ligne, il pourrait vous être utile !

Par contre les décisions que vous prenez ou que vous esquissez dans ce DOB vont à n’en point douter avoir les retombées catastrophiques pour les agents de notre belle collectivité, pour les habitants de ce département, pour les communes, pour le tissu associatif et l’ensemble des acteurs qui façonnent depuis des décennies nos territoires.

Votre nouvelle façon d’aborder les politiques départementales est soit de faire disparaître des accompagnements qui ont prouvé leur efficacité, soit de vous défausser sur le dos des autres alors même que c’est le reproche majeur que vous formulez au gouvernement, soit de faire payer les partenaires !

Personne n’est épargné sauf le monde agricole !
Vous mettez à mal les familles, les plus fragiles avec une liste de suppression d ‘aides clairement affichées ou sous entendues, je pensais naïvement que vous étiez les protecteurs de la famille ?

Vous vous désengagez vis-à-vis des partenaires associatifs quels qu’ils soient sans prendre la mesure de leurs actions, de leur implication sur le terrain et de leur utilité sociale. Il est annoncé quasi à toutes les pages la diminution drastique des aides en 2016 (aux assoc sportives et culturelles, aux partenaires économiques aussi) p51/54/57

Vous démantelez les services publics vous les grands défenseurs du monde rural avec les fermetures annoncées de MCG, de MDS. Vous allez accroitre le sentiment d’abandon qui a provoqué les résultats du 1er tour dans l’Oise.
Pire vous participiez d’une liste régionale où le slogan de campagne était « la Région au travail » et vous détruisez les aides aux communes, aux associations en direction de l’emploi pour les plus précaires.

Mais ce qui me semble être le plus dramatique après cette lecture cauchemardesque ce sont les approches que vous posez en direction de l’accueil des enfants placés sous votre responsabilités compétence obligatoire.
Vous décidez de fermer la pouponnière, vous décidez que les enfants qui sont déjà dans des situations dramatiques seront mieux dans une famille qu’en maison d’enfants.
Vous avez des évaluations ?
Vous avez consulté des professionnels de l’enfance ?


Partout en France, à Roubaix, Paris, Marseille, Bobigny, des psy exceptionnels tentent de soigner différemment les enfants. Ils s’appellent Marcel Ruffo, Bernard Golse, Daniel Marcelli, Maurice Titran, Marie-Rose Moro. Le vôtre s’appelle « SAM COUTE ».

Pour ma part j’ai lu attentivement le rapport Sénatorial d’information qui a fait l’objet d’un travail important en juin dernier sur le métier d’accueil familial. En voici quelques éléments :

- La procédure d’agrément est loin d’être optimale,
- La formation qui constitue une réelle opportunité d’accès à un véritable statut professionnel est encore inégalement mise en œuvre selon les départements
- L’intégration des assistants familiaux au sein des équipes pluridisciplinaires n’est pas toujours acquise
- Le Projet Personnalisé de l’Enfant, lorsqu’il est élaboré, intègre très peu les assistants familiaux
- Les contrats d’accueil lorsqu’ils existent ne sont pas suffisamment précis,
- L’organisation et le financement d’accueil relais demeurent très difficiles
- Les conditions de travail sont encore loin d’être satisfaisantes :
- L’évolution du profil sociologique des enfants accueillis (enfants présentant des troubles du comportement, porteurs de handicap, auteurs de violences, etc) rend de plus en plus difficile l’exercice du métier au quotidien ;
- Le vieillissement de la population des assistants familiaux se double d’une vraie difficulté à recruter parmi les jeunes générations.
J’aurai compris si vous aviez effectivement développé les points que je viens de souligner pour mieux accompagner les accueillants familiaux et faire en sorte que ce métier soit pleinement reconnu, valorisé.

J’aurai compris si vous aviez accompagné votre projet de la création d’une structure de type crèche familiale pour encadrer, former, soutenir les personnels au lieu de les laisser seuls face à ces petits bouts de choux qui n’ont pas demandé à subir ce difficile début de vie.

Non, votre seule motivation est la suivante, p28 du DOB : sur le plan financier une place en structure collective représente un coût de 55 000 euros par an et par enfant contre 31 500 pour une place en accueil familial….pour ces raisons un déploiement structurel des places en MECS vers l’accueil familial doit être envisagé. Pire vous osez écrire le budgets 2015 des MECS s’élève à 40M € contre 17,5 en ASSFAM, d’un seul coup vous trouvez la moitié des économies à réaliser sur le BP 2016

Comment peut-on considérer que le bonheur et la prise en charge d’enfants dont le parcours est loin d’être un long fleuve tranquille s’évaluent en euros ?
Que deviendront les nombreux professionnels qui œuvrent au quotidien dans les maisons d’enfants ?
Et puis parlons encore quelques instants de l’accompagnement des plus fragiles. Pas une ligne sur le service départemental de convivialité. Vous l’avez déjà exécuté ? Assurément ! Encore des jeunes qui se retrouveront sans emploi dans les mois à venir.


Vous faîtes référence à l’association type MONALISA. Belle démarche ! Elle ne vous coutera rien donc vous en vantez les mérites. Vous pourrez inviter les bénévoles méritants à la cérémonie des remises des diplômes citoyens, ah ça vous l’avez conservé !
Par contre, dans le même mouvement vous supprimez l’accompagnement des personnes présentant des troubles psychiques, et les dispositifs Corrélation et mains tendues.
Enfin, vous évoquez la régulation des tarifs sur les établissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes. Les tarifs de certains devront être augmentés alors que d’autres seront gelés…(page 31)
La phrase est remarquable elle permet tout et son contraire. Nous craignons l’effet « tête du client » !
Vous vous doutez bien que les familles qui font le choix douloureux de placer leurs aînés dans ces établissements n’ont pas tous les moyens de faire appel aux structures privées qui fleurissent de plus en plus dans le sud de notre département.

Et je ne peux passer sous silence les sous-entendus perfides distillés pages 31/32 intitulés – harmoniser les pratiques professionnelles- qui n’ont pour seul objectif que de baisser les prestations en direction des plus faibles et des plus démunis à savoir les personnes handicapées et les personnes âgées dépendantes !
Hier dans le courrier Picard (décidément il est source d’informations !) j’ai lu avec consternation que vous envisagiez de mettre fin aux contrats jeunes majeurs !
Vous cessez la coopération décentralisée en direction de Madagascar et du Liban, 2 pays qui ont besoin de sentir notre proximité, 2 pays au présent difficile, à l’avenir incertain. Il faut que nous soyons présents dans ces pays au nom des valeurs de la République, au nom de notre passé commun. Vous fermez la porte, vous fermez votre cœur.
Toutes ces décisions sont-elles le seul fruit de votre réflexion où sont–elles prises en concertation avec les élus d’extrême droite ? Il y a eu entre temps le 13 décembre, vous semblez l’oublier.
Je ne peux résister à vous citer ce poème de Paul Eluard :
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l'affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
Un désir à combler,
Une faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.

Monsieur le Président, avec votre DOB, vous êtes l’inverse de cela. Vous avez retiré la main tendue du département en direction des plus fragiles, vous avez éteint la lumière, fermé les volets de peur que des yeux attentifs vous scrutent et vous mettent face à vos responsabilités !
Vous êtes sur le repli sur soi. Il n’y a pas de vision dans ce DOB ! La modernisation n’est pas évoquée, le numérique oublié – aucune vision pour notre territoire, le DOB c’est une politique de Gribouille

Je pourrai continuer ainsi la liste à la Prévert de toutes les actions que vous vous efforcez de supprimer ou de réduire avec à la place du Raton Laveur toujours plus d’économies ou toujours le même président…..
Je vais simplement faire référence à votre intervention à l’assemblée nationale le 2 décembre dernier lors des questions d’actualités sur le financement du RSA.

Vous avez invectivez le Premier Ministre en lui indiquant : votre éternelle rengaine, qui commence par « sous le quinquennat précédent » ne marche plus. Monsieur le Premier Ministre, quand allez-vous prendre la mesure de l’urgence et assumer enfin vos responsabilités ?

Je vous le demande Monsieur le Président quand allez-vous enfin assumer votre politique conservatrice qui met à mal les interventions sociales dont vous avez la responsabilité pleine et entière sans parler des autres politiques que vous détruisez un peu plus à chacune des sessions que vous convoquez.

Et pour conclure je citerai Françoise Dolto qui vient parfaitement résumer ce débat :

« Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences ». Tout à fait votre contraire

A méditer par la Majorité !"


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