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Discours prononcé à l'occasion des voeux de la ville de Creil



Hier, je présentais mes vœux aux personnalités de la ville de Creil.

Vous trouverez, ci-dessous, mon intervention*.

Un grand merci aux Creilloises et Creillois, de l’association AJC et du Conservatoire de musique de Creil, aux élèves et à leur professeur Madame Tourniaire, qui viennent de nous faire la démonstration que la culture est un magnifique moyen de rassembler et de faire de la différence une force collective et une unité belle, humaine et inventive.

Parler à plusieurs voix, s’exprimer avec ses mots, ses gestes, avec des personnalités et des affinités totalement différentes, pour réussir à créer quelque chose de cohérent, de collectif et d’harmonieux, c’est une parfaite illustration de « la culture pour tous » et parlons-même de « tous pour la culture » à laquelle nous sommes tant attachés à Creil.
Cela fait partie de nos valeurs profondes, de nos fondements et vous savez combien la culture et l’expression artistique sont libératrices et sont symboles de partages et d’ouvertures.
Cette vérité prend plus de sens encore, lorsque résonnent d’atroces souvenirs, d’il y a à peine quelques semaines, qui nous ont toutes et tous glacés d’horreur, indignés et rassemblés.
L’harmonie, la fraternité et la culture sont, face à cela les meilleurs remparts que nous ayons et, plus que des remparts, ils sont le sens, l’espoir et la lumière qui éloignent de l’ombre, de la peur et de la haine.

Merci encore à vous, pour cette prestation et pour votre travail. Merci pour vos ondes généreuses, positives et salutaires.

Monsieur le Sous-Préfet de l’Oise,
Monsieur le Député, cher Michel,
Monsieur le Sénateur, Maire de Montataire, cher Jean-Pierre,
Mesdames et Messieurs les Maires de Nogent de Villers Saint Paul, cher Gérard, de Bailleul-sur-Thérain, Chère Béatrice,
Mesdames et Messieurs les Conseillers départementaux, Chère Ilham, Chère Dominique,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le Commissaire central,
Mon Colonel, commandant de la base aérienne,
Mon Capitaine, commandant du Centre de Secours de Creil
Mesdames et Messieurs,

Depuis un certain temps, qui dure, je suis en colère car j’avais demandé l’an dernier que l’on rallume les étoiles et personne ne l’a fait. Bien au contraire, nombreux sont ceux qui ont voulu en éteindre encore plus.
Je suis en colère parce que c’est le sentiment le plus naturel face la violence, face à l’agression et aux injustices.

Je suis en colère parce que les temps sont graves et qu’ils exigent de chacun de nous d’être dignes et responsables.

Mais, où est-elle cette belle unité qu’exige la gravité de l’heure, où sont la conscience collective et la fraternité ?

Je suis en colère parce que les déluges de rancœur, de détestation, de fanatisme ont rarement été aussi virulents de toute part, à s’abattre sur les innocents, les boucs-émissaires et les plus vulnérables.

Cette colère, je sais que nous sommes nombreux à la partager.
Cette colère ne doit pas être réfrénée, car il y a des colères salutaires, justes, justifiées et humaines.
Cette colère, elle ne doit pas devenir de la haine, mais de la révolte.

Il y a de bonnes et de mauvaises colères.

« Les racistes sont des gens qui se trompent de colère » disait Léopold Sédar Senghor, car la colère en soit n’est pas une mauvaise chose, elle peut-être la non-acceptation de l’inacceptable. Et puis, comment accorder le pardon sans colère, une fois que les larmes en diminuent l’intensité, une fois que revient l’heure des mots et de la parole.

Alors, laissons-là gronder, laissons tonner notre révolte.

Que cette année éprouvante ne soit pas celle de la résignation, de l’abdication et de la défaite.
La vie est un combat, pas un abandon.

Laissons les barbares, laissons-les, leurs cœurs sombres consumés par la haine, qu’ils aillent au diable.
Point de salut pour les fous qui attentent à la vie, qui tuent femmes et enfants, quel qu’en soit le motif, quelle qu’en soit la raison, rien ne justifie que l’on attente à la vie d’hommes et de femme encore plus lorsqu’ils sont innocents.

Nombre d’entres-vous étaient présents il y a un an, lors de notre précédente cérémonie des vœux. Vous vous souvenez alors comme je me souviens, de cette minute de silence, de l’âme en peine et de la profonde tristesse qui était la nôtre ; la mort dans les rues de Paris, notre pays ébranlé.

2015 restera cette année marquée par l’horreur qui s’est abattue une première fois, puis seconde, ce vendredi 13 novembre.
Quel climat angoissant, cette ambiance oppressante et la peur ; la peur pour sa sécurité et celle de ses proches, la peur de la menace invisible, qui parfois peut vite devenir la peur de l’autre et le repli sur soi.
C’est pourtant la pire des choses que de sacrifier sa liberté, son ouverture et son humanité à cause de la peur, parce que c’est justement ce que veulent, les barbares.

Mais c’est toujours sur les braises de la peur et de la souffrance que soufflent de tristes provocateurs, des sirènes funestes qui veulent répandre le poison de l’aigreur et de la vengeance et répondre à la haine par la haine.

Ils sont fous, vers quoi veulent-ils nous entrainer ?
Fous ! Celles et ceux qui se retournent contre les leurs, qui oppriment ou pire, assassinent à l’aveugle des innocents.
Fous ! Celles et ceux qui gonflent les voiles du racisme, du populisme et de l’exclusion.
Fous ! Les barbares, puissent-ils être la mauvaise conscience de l’humanité et nous rappeler combien précieuse est la vie.

Honnis soient-ils, eux et leurs disciples, tombés dans les affres de ce que l’homme peut faire de pire pour son prochain, rappelant que l’Homme peut-être un loup pour l’Homme.

Faut-il, comme disait Aragon qu’il n’y ait de lumières sans ombre ?
Faut-il que certains soient privés de liberté pour que d’autres se battent pour elle ?
Me reviennent ces mots justes, ces mots sincères prononcés à la suite d’un évènement tragique, l’attentat du RER C, le 29 octobre 1994, par le Président de la République François Mitterrand :
« Il est bon de pouvoir se dire, […] que les Français, si prompts à se quereller, sont également capables de s'unir et de montrer au monde ce qu'ils valent quand le danger est là. »

C’est dans notre crypte intime, au plus profond de chacun de nous, qu’il y a toujours, pour reprendre ses mots, ces forces de l’esprit, qui nous transcendent et laissent entrevoir ce dont l’homme est capable de plus beau.
Car l’homme, au plus profond de lui, n’est-il pas en quête seulement du bonheur pour les siens et pour lui-même ?

Je pense aux victimes de ces fous, le monde sera moins beau sans vous.
Vous êtes les visages des attentats, des visages jeunes et pleins de vie.
Vous êtes ce que vos assassins n’ont pas, la beauté, la culture, l’éducation, la mixité, l’amour, la tolérance, la liberté, la fraternité.

Vos sourires et combien de familles endeuillées, frappées, brisées par l'horreur, resteront à jamais figés dans notre histoire collective, pour nous rappeler la fragilité et le prix de la vie.

O n’y a-t-il rien de plus cruel, comme disait Léon Gontran Damas qu’une nuit sans lune.
« Nuit sans nom, nuit sans lune,
C'est mon frère qu'on assassine, mon fils, mon ami,
Celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas. »

Lorsque le silence soudain éclate brutalement, cette question à laquelle on cherche sans cesse une réponse : quoi leur opposer ? Quoi répondre à la folie irraisonnée ?

Nous devons être la vigie de la démocratie, les garants de nos belles idées universalistes, progressistes et humaines.
Nous devons être la résistance, faire front pour préserver ce pour quoi nombre de nos aïeux avant nous ont versé leur sang.
Nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience.

Gardons à l’esprit, coute que coute, ce que sont les choses importantes de la vie.
Soyons conscients que ce qui compte le plus pour nous, c’est l’humanité.
Cette humanité que nous portons tous en nous-mêmes.
Je sais moi-même surtout lorsque je suis avec mes petits-enfants que les jours à venir sont porteurs d’inquiétude et d’anxiété.
Je sais que les moments passés avec eux sont précieux. Qu’il faut savoir les apprécier.
Qu’ils ne sont pas seulement des moments de joies et des moments simples dont ils se souviendront plus tard. Ils sont le but de nos vies, ils sont des moments de bonheur, ce que nous avons de plus cher et ils sont porteurs d’espoir et d’avenir.

J’aimerais leur dire, notre force c’est notre fraternité. Vous n’êtes pas seuls. Vous avez la chance de vivre et de grandir ici, dans une ville qui défend les valeurs de la solidarité et de la mixité et qui veut donner à chaque Creillois les mêmes droits.
J’aimerais leur dire, tu sais, cette ville j'y ai grandi. Tu sais, cette ville, bien sûr, je sais qu’elle n’est pas parfaite, mais c’est notre ville et nous l’aimons.
Nous l’aimons, pas parce que c’est la plus belle, mais parce que nous y sommes attachés, parce que nous la connaissons et que nous y avons tous nos souvenirs et que ce que nous y vivons, fait partie de nous.
J’ai de l’affection pour ces rues que je connais par cœur, pour ces visages, ces familles, ces enfants …
Regardez-là cette ville, regardez autour de vous, nous sommes tous des Creillois, attachés à elle, à sa mixité, à sa liberté, c’est notre ville à tous et elle fait partie de nous.

Cette ville, elle grandit, elle change elle aussi.
Elle n’est pas une institution froide, synonyme d’administration lourde et lente.
Elle est un organisme vivant, innovant qui anticipe, qui progresse, j’en veux pour preuve la troisième fleur que nous venons d’obtenir, j’en veux pour preuve la réunion de travail de ce matin avec l’ANRU, avec les entrepreneurs qui veulent investir à Creil.

Ce soir, je profite de cette cérémonie et que nous soyons réunis, vous et moi, pour vous présenter un nouveau service pour les Creilloises et les Creillois, preuve que Creil anticipe et progresse

Vivre avec son temps, c’est s’adapter à la société et répondre aux besoins, nouveaux, en se servant des outils que nous offre le progrès.
Vous savez que nous nous engageons fortement en faveur des outils numériques, ce soir je vous présente donc l’Espace citoyen.

Pratique et efficace, ce portail accessible dès maintenant depuis le site internet de la Ville de Creil, va permettre à chacun de nous d’effectuer de nombreuses démarches depuis son ordinateur ou son téléphone portable.
Il va nous permettre de gagner du temps, de ne plus nous encombrer de courriers et de formulaires, d’avoir des réponses plus rapidement et avec plus de transparence.

Je vous invite à partir de ce soir, à l’utiliser, il est simple d’usage. Il va s’étoffer progressivement pour effectuer de plus en plus de démarches, demande d’état civil, demande de salle, réservation de place en crèche ou à la cantine, combien de démarches que nous connaissons toutes et tous et qui, à partir de ce soir, deviennent simples comme bonjour.

Bien sûr, l’Espace citoyen ne va pas se substituer à nos services en Mairie et dans les Mairies de quartier. Je vous ai bien parlé d’un nouveau service en plus.

Etre plus réactif, être plus efficace, être plus à même de répondre à vos attentes et aux besoins de chacune et chacun, c’est toujours in fine, le même leitmotiv qui est le nôtre « avec les moyens qui sont les nôtres, comment servir au mieux les habitants. » C’est l’esprit du service public que certains veulent réduire comme peau de chagrin.

C’est non seulement, une volonté de la Ville de Creil mais aussi de manière plus large celle de notre agglomération.
C’est d’ailleurs le sens du grand chantier de l’intercommunalité qui est en cours actuellement.
Je sais, on peut parfois avoir l’impression lorsque l’on est absorbé par la vie quotidienne, que ce sont des choses lointaines et floues.
Pourtant, ces services que notre famille et nous-même empruntons, c’est ce qui fait chaque jour notre quotidien.
Ces services il n’y a bien souvent qu’une fois que nous en sommes privés, une fois qu’ils sont remis en cause, que nous nous rendons compte de leur importance dans nos vies.
Les services publics souffrent parfois d’un désintérêt lié à la routine de leur utilisation. Les services publics ne sont pas un problème pour la France : ils sont la solution aux problèmes des Français !

Ce nouvel Espace citoyen et notre grand projet intercommunal, n’ont qu’un seul but, faciliter et rendre plus simple la vie des habitants.

Ce que je vous présente ce soir, c’est là maintenant, c’est d’une part un nouveau service creillois qui va nous changer la vie et ensuite c’est une évolution de notre territoire, qui va impacter concrètement la vie des habitants du bassin Creillois.
Mon souhait, c’est que notre bassin retrouve son unité et confirme qu’il est le premier bassin industriel du Sud de la Picardie.
C’est plus qu’un souhait d’ailleurs, c’est un objectif et je vous garantis que nous nous en donnons les moyens pour y arriver.
Néanmoins, comme le disait le révolutionnaire cubain Che Guevara « Soyons réalistes, exigeons l’impossible ! » et je suis réaliste !

Certes, il nous faut tenir compte de la réalité, celle qui voudrait nous empêcher d’aller plus loin, celle qui met en place des structures rigides, des carcans et des procédures longues et complexes qui trop souvent refreinent ou empêchent toute évolution.

Mais, c’est notre devoir d’œuvrer à la mise en place de passerelles, de prendre l’initiative et d’impulser un travail collectif pour le bassin Creillois, au-delà des a priori, des procès d’intentions, des clichés d’un autre âge, voir d’un certain racisme social.

Puisque nous ne pouvons aujourd’hui recréer un grand bassin creillois, je souhaite, c’est un vœu, que la CAC propose la mise en place d’un conseil inter-territoire pour travailler collectivement, réunissant les intercommunalités voisines volontaires qui souhaitent collaborer à reconstruire le bassin creillois, à mutualiser.

Nous pourrons, ensemble, main dans la main, créer des chartres de coopération intercommunale, dépasser les clivages pour voir plus grand et travailler à des projets communs élargis.
La Zone de Creil-Saint-Maximin, le Parc d’activité Alata, la restructuration de la Base aérienne, Oise la vallée, le SCOT, le SMVO,…
Creil et ses élus ont toujours recherché l’efficacité et la solidarité, parce qu’au final ce sont les habitants qui en sont les bénéficiaires directs.

Je forme donc ce soir des vœux pour nous, pour notre ville et pour le bassin creillois, pour que l’intérêt et l’intelligence collective priment, pour que la solidarité soit toujours la seule motivation et la seule finalité de notre action.
Les manœuvres, la surenchère n’ont pas leur place dans l’avenir de nos collectivités. Nous sommes un seul et même territoire, aux intérêts partagés.

Plus largement enfin, je forme aussi ce vœu pour les françaises et les français que 2016 soit une année d’apaisement, une année d’amélioration de la situation économique. Je pense surtout à l’emploi et à celles et ceux qui subissent la précarité et le chômage.

Ceux-là n’ont pas à avoir honte, contrairement à celles et ceux à qui revient la responsabilité du chômage, à ceux qui ont le pouvoir d’y remédier. Ce sont ceux-là qui ont la responsabilité de l’abandon des travailleurs, l’abandon des hommes et des femmes qui ne font pas la charité mais ne demandent qu’une seule chose, pouvoir travailler, être reconnu.

Jamais l’entreprise de déconstruction sociale n’a été source de progrès et d’embellie, jamais la remise en cause de nos acquis sociaux n’a permis à une société de relever la tête et de sortir de la crise.
Où est l'espérance ? En 2016, je forme le vœu que nous retrouvions espoir, espoir de voir le chômage reculer enfin, espoir de justice, espoir de fraternité et d’optimisme.

L’heure est grave. Face à l’adversité, souvenons-nous que jamais nous ne sommes aussi forts qu’en étant unis.

Aux futures générations, nous devons porter ce message, ne désespérons pas, relevons la tête, soyons réalistes et optimistes, nous avons chacun notre rôle à jouer pour rendre ce monde meilleur.

Soyons généreux, soyons dignes, désirons pour notre frère ce que nous désirons pour nous-mêmes.

Pour cette nouvelle année, je fais le vœu que chacune et chacun entende et garde à l’esprit, ces quelques mots d’un français qui avait un grand cœur et qui a dédié sa vie aux autres et dont la silhouette singulière, le béret, la barbe et la canne resteront toujours dans la mémoire collective de notre pays. Je parle bien sûr de l’Abbé Pierre.
L’abbé Pierre qui disait tout simplement, avec une immense humilité « Souviens-toi d’aimer. »

Avant de nous quitter, j’avais à cœur de vous lire ces quelques vers de Jacques Brel, qui parle de rêves et d’amour :
« Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite de respecter les différences des autres parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.
Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.
Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux car le bonheur est notre destin véritable. »

Bonne année à vous tous et à vos proches.

Je vous invite à présent à rejoindre la salle de la manufacture pour le cocktail.


* Seul le prononcé fait foi.


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