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Discours du Maire de Creil à l'occasion de la commémoration de l'abolition de l'esclavage



« Rien n’est plus misérable que la condition de ce peuple. Quelques racines font toute sa nourriture ; ses maisons ressemblent à des tanières. Ses meubles consistent en quelques calebasses. Son travail est presque continuel. Nul salaire ; vingt coups de fouet pour la moindre faute ».

Monsieur le Député, Cher Michel,

Monsieur le Président de l’association des antillais de Creil,

Mesdames et Messieurs les Élus,

Mesdames et Messieurs,

Par ces mots écrits en 1731 dans son histoire de Saint-Domingue, le missionnaire jésuite Charlevoix était encore très loin de dénoncer l’ampleur du crime contre l’humanité infligé aux esclaves noirs dans nos colonies au XVIIIème siècle.

Durant plus de trois siècles, les esclaves noirs auront été privés de liberté et de dignité, marqués au fer rouge, mutilés en cas d’évasion, violées pour beaucoup de femmes.

De la première expédition négrière des Européens aux abolitions du XIXème siècle, la traite occidentale et l’esclavage auront arraché à l’Afrique des millions d’êtres humains privés de leur identité, arrachés aux leurs et à leur culture, entassés dans des bateaux où plus d’un sur dix mourait, vendus comme du bétail, exploités dans des conditions misérables. Et parmi eux combien livrés à des colons français, combien vendus par les armateurs de Bordeaux et de Nantes !

Au cours des trois siècles de traite négrière intensive, la plupart des puissances européennes ont favorisé ce trafic. Mais ayons le courage d’affronter notre histoire en face, la France fut l’un des principaux pays négriers du fait de sa façade maritime et de ses possessions américaines. C’est la France qui promulgua le code noir qui, en 1685, assimila les esclaves noirs à des meubles, leur déniant ainsi toute humanité. C’est encore en France que l’abolition définitive de l’esclavage ne fut adoptée que trois années après la fondation de la société protectrice des animaux. Le combat pour l’abolition aura été long. Il faudra la Révolution de 1848 pour permettre enfin l’abolition définitive de l’esclavage, sous l’impulsion de Victor SCHOELCHER, ce grand homme qui repose aujourd’hui au Panthéon.

Chers amis, le destin d’un pays est fait de moments glorieux, de zones d’ombres et d’actes indéfinissables. Ce devoir de mémoire, nous le devons à toutes les victimes de tous les crimes. Au nom du principe d’égalité entre tous nos concitoyens, il est de notre devoir de prendre en charge la mémoire des victimes des crimes contre l’humanité, sans entrer bien sûr dans des concurrences mémorielles qui seraient perverses mais avec le souci d’empathie pour tous. L’article premier du Code Noir chassant les Juifs des colonies françaises nous rappelle à bon escient que l’intolérance et le racisme ont frappé des populations diverses dont les souffrances ne peuvent pas êtres opposées les unes aux autres.

Le combat contre le racisme est malheureusement encore d’actualité. Cent soixante deux ans après l’abolition de l’esclavage, il nous faut reconnaître que bien des barrières sont encore à faire tomber dans la France d’aujourd’hui. Pour l’accès au logement ou l’emploi, nos concitoyens d’origine antillaise ou africaine subissent encore bien des discriminations, et la tragédie de l’esclavage a encore aujourd’hui des échos. En Occident, l’esclavage a donné corps aux thèses racistes les plus insupportables, en contradiction absolue avec les idées des Lumières. L’égalité des droits nous enrichit tous humainement. Nous le vivons tous les jours ici à Creil, ville mosaïque, fresque colorée de la diversité humaine et culturelle. Nous prendrons très bientôt, lors du prochain Conseil municipal, une initiative en faveur de l’égalité des droits.

Chers amis, je crois que c’est la splendeur de l’humanité tout entière qui s’est affirmée dans la résistance à l’esclavage et dans le combat abolitionniste. Puisse cet esprit inspirer nos prochains combats pour rendre toujours plus effectifs les droits des minorités et les droits de nos concitoyens laissés au bord de la route, toujours plus précarisés, toujours plus menacés d’exclusion.

Puissions-nous nous en inspirer pour placer l’homme au cœur de nos politiques publiques et de nos engagements collectifs.


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